Un livre à lire et à relire.
Un chef-d’œuvre absolu comme l’a dit Dyna, lors de notre première séance du Miss Voltan Book Club.
Chinua nous emmène au Nigeria pour découvrir la culture Igbo. Mais pas que !
On suit le parcours d’Okonkwo. Un homme qui est parti de rien (sans aucune exagération) pour se hisser au sommet de son clan. Un homme de convictions (toutes ses convictions n’étaient pas forcément bonnes). D’ailleurs, je n’ai pas apprécié la plupart de ses agissements. Ils étaient cruels par moment.
Dans la première partie du livre, j’ai détesté Okonkwo. Il a participé au meurtre de son « fils adoptif » au nom d’une décision de son clan. Il n’aurait pas dû faire ça. Il aurait même dû s’y opposer. Quand notre communauté est en tort sur un sujet, on doit s’en désolidariser. Le Karma a fini par le rattraper…
Dans la deuxième partie, au moment de son exil, dans son village maternel, il m’a fait de la peine. Il était dévasté et déboussolé.
Et enfin, dans la dernière partie, j’ai eu beaucoup d’empathie pour lui, surtout au moment, où tout s’effondrait autour de lui. J’ai compris sa colère. Okonkwo est un paradoxe humanisé. Je n’ai pas réussi à le haïr à la fin alors qu’il y avait beaucoup de raisons…
J’ai profondément aimé ce livre.

J’ai aimé découvrir une partie de l’histoire africaine avant la colonisation.
J’ai aimé voir la matérialisation de la solidarité africaine. En effet, quand il y avait un événement heureux ou malheureux dans une famille, toute la communauté se réunissait autour d’elle. Ça existe toujours de nos jours, tâchons de la sauvegarder à tout prix…
Le sacré avait de la valeur. Et quand ce sacré a perdu sa valeur, tout a commencé à s’effondre… C’était prévisible !
L’amitié d’Okonkwo et d’Obierika m’a fait plaisir. J’ai apprécié la conversation entre M. Brown et Akunna sur leur conception de Dieu, même si les deux n’étaient pas d’accord, l’échange était respectueux.
En revanche, la place donnée aux femmes dans ce livre, m’a profondément dérangée. Elles étaient quasiment invisibles, à part la prêtresse et la deuxième épouse d’Okonkwo. Je n’en veux pas trop à Chinua à ce sujet (je lui en veux un peu quand même, sinon ça ne serait pas drôle). Je pense que c’est un regard masculin qu’il a posé sur sa société et ce regard a occulté une partie de sa communauté, par maladresse (mais je peux me trompe aussi).
Le livre a été publié en 1958 en anglais avant d’être traduit en français.
Mais pour la beauté de sa plume, pour le courage que ça a dû lui demander à l’époque, je le remercie et je compte même lire tous ses autres livres.
Mon continent me fascine tellement et je l’aime de tout mon cœur.
La société africaine n’était pas parfaite, mais elle existait. Pleinement.
La colonisation a été destructrice pour l’Afrique. Elle l’a déshumanisée et mise à terre. L’Afrique n’a jamais réussi à se relever de ce désastre. La doctrine « diviser pour mieux régner » a fait et continue de faire de nombreux dégâts chez nous…
Les Africains n’étaient pas des sauvages et n’avaient donc pas besoin d’être civilisés !
Nos cheveux crépus sont des couronnes magnifiques. Mais comment nous en sommes arrivés à les défriser ? À les détester parfois ?
Concernant notre couleur de peau, comment on en est arrivés à vouloir nous éclaircir la peau ? À détester la peau ébène ? Parfois, même les bébés ne sont pas épargnés. Pourquoi le colorisme pose autant de problème dans la société africaine ?
Les valeurs comme : l’intégrité, la discipline, la dignité semblent être derrière nous, laissant de plus en plus la place à la cupidité, à la corruption, à la trahison, à l’indifférence, à l’incivilité, etc.
Nos sols sont les plus riches, mais nos pays sont les plus pauvres : qu’est-ce qui n’a pas marché ?
Le mal est profond, mais ne cessons jamais de nous remettre en question, en nous demandant : quels traumatismes profonds nous ont conduits à ça ?
En tout cas, j’ai beaucoup d’interrogations et des choses à vous dire ❤

Votre commentaire